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lundi 30 juin 2014

EVENT : POLITIC Freeride - Mont Brouilly

Le week-end dernier nous avons participé au POLITIC-Freeride au Mont Brouilly. Un freeride à 50km au nord de Lyon, "réservé" à quelques dizaines de riders confirmés, pour des raisons de sécurité et de logistique.


Après quelques heures de trajets ponctuées de blagues de potache, de ragots-mondains-skateboardistiques, de microsiestes, de photos volées de ces microsiestes, d'un picnic et de sauce samourail qui gicle ... Boris, Rico et moi arrivons au sommet du Mont Brouilly. L'air est tiède et pas mal de copains sont déjà là. Nous installons nos tentes et retrouvons la fine équipe pour discuter autour de quelques bières plus ou moins goutteuses (Leffe + / Finbrau - - - :p ).



Le spot semble avoir impressionné les riders qui l'ont emprunté pour monter. Il est assez pentu, étroit et la partie qui traverse la forêt est bordée d'arbres. Boris et moi avions déjà participé à une étape de la Crash'n Freeze Race Cup sur les 2 premiers virages du spot et du coup nous connaissions également "de vue" la suite du parcours. A l'époque il nous avait impressionné par certaines portions bien pentues et la faible largeur générale.

Samedi matin, Boris et moi descendons reconnaître la partie basse du spot. Le haut et le bas du spot est sec mais la partie en sous-bois en parsemée de belle tache d'humidité.
Belle pente, route étroite, bitume "sec-mouillu" et talus pas toujours accueillant ... je n'en mène pas large et décide de laisser passer 1 ou 2 runs ; la route semble sécher rapidement. Boris, habitué au "skateboard de l’extrême" enfile sont cuir flambant neuf et se lance.
Ça glisse, ça raccroche, ça cartonne un peu lors des 2 premiers runs, mais sans dommage. Je m'équipe pour le 3ème, la route est sèche et voir rouler les copains me donne trop envie.
Pour mon premier run je pars derrière le Patron et décide de me caler sur ses freinages, pour limiter les surprises. Ce Bollos "se la colle pleine balle" dans les ballots du premier virage et m'oblige à l'attendre à l'entrée du bois. :D 
Pour la suite du run il s'avère être un excellent poisson pilote ... nous voila en bas du spot sains et saufs.
Le spot est bien technique. Sur la partie haute les épingles et virages à freiner s’enchaînent rapidement. L'accélération est, par endroits, vraiment grisante ... ça pousse fort et les arbres défilent sur les bas-côtés.



La Stunt School en représentation de part et d'autre de la route, dès le premier virage !



 La sortie du bois et l'arrivée dans les vignes, moins pentues, laissent un peu de temps pour respirer avant de passer une légère bosse. 


Derrière ça plonge fort et nous lance sur un long contre-appel gauche sur épingle droite : ça glisse à merveille et dans les 2 sens !



Pour finir un shuss au milieu des vignes, une épingle serrée avec un raccord de bitume, rigolo à négocier au freinage.


On termine par un morceau de tout droit en bitume un peu moins lisse et un virage à passer calmement pour éviter de se satelliser dans les vignes en contrebas. Quelques mètres qui remontent puis la zone de freinage...
8 freinages entre le départ et l'arrivée, les organismes et le matériel sont mis à rude épreuve.

Mes restes de roues Phat Rollz ne suffisent même pas à terminer la journée.

Les runs s’enchaînent tous les 1/4 d'heure. Le roulement est tel que si tôt descendu du camion les premiers riders peuvent s'élancer ... Quel pied, on en fatiguerait presque :D !


Le temps s'avère plus clément que prévu, les averses que l'on distingue au loin ont la décence de faire le tour du Mont Brouilly sans venir nous taquiner.


La pluie et les rafales de vents (jusqu'à 80km/h) annoncées par la météo nous tombent dessus dans la soirée et une partie de la nuit. L'occasion pour le Patron de la Stunt School de rejouer la pub Tahiti Douche au milieu de la zone de camping : La piche à l'air et le savon à la main sous une pluie battante.

Dimanche matin 9h30 l'orga est déjà sur le pied de guerre pour lancer les runs. Le spot est un peu plus mouillé que la veille, mais c'est surtout le 1/2 cm d'épines de pins sur la route, dans la partie boisée du spot, qui refroidies les ardeurs des riders.
En attendant que la route sèche un peu, je descends dans la première épingle du bois pour assister à la démonstration de Stunt qui se prépare :p
C'est l'hécatombe sur les premiers runs ! Slide, freinage au pied, voir même sur le cul ... il n'y a que les ballots et filets qui arrêtent les riders. 





Pour conserver leur intégrité physique, certains préfèrent descendre la partie glissante du spot assis sur leur planche et se relever ensuite.



 Le haut et le bas du spot sèchent très rapidement et on nettoie tant bien que mal les épingles en sous-bois.


Les conditions s'améliorent progressivement et en début d'après midi tout le monde se relance sur un spot sec et sans épine de pin aux endroits essentiels. Les runs se suivent encore à merveille jusqu’à 16h30.
Le spot est un régal, on enchaîne joyeusement les glissades dans les 2 sens, on reprend rapidement de la vitesse en sortie de virage... Bref, ça paye sa chatte ! 

" Epic skate-face regard vers le Radar la trik ! "

La pluie sonne la fin de la récréation vers 16h30. Il est temps pour nous de ranger nos affaires dans la grosse roumaine et de rejoindre la capitale, usés mais apaisés...

Je tiens à remercier toute l'équipe de POLITIClongboardACTIVIST qui s'est arrachée pour nous ouvrir et sécuriser cette route de fou !

Une énorme pensée pour tous les staffeurs et nos chauffeurs d'élites sans qui rien n'aurait été possible.
Je vais forcément en oublier mais MERCI : Pommy , Nico Mouth, Pacpac, Alex, Mélo, Edgar ... et tous les copains/copines de skate !

Photos : Mélodie et un peu Pommy :p (POLITIC) et Pti'Loup (SK8.fr)



jeudi 22 mai 2014

REVIEW : OVERLORD Utah par Pommy

Pommy nous livre une review complète de la OVERLORD Utah 


Belle surprise lorsque, il y a quelques mois, je fus contacté par Beurt, shaper d'OVERLORD me proposant de m’envoyer un prototype à tester. En grosse partie parce que j’avais presque réussi à casser une Pool board de la marque sus-citée à force de boneless répétés, durant des mois ... en fait des années.
 OVERLORD me confie donc cette nouvelle planche en me promettant un custom « bourrin » qui se traduit par un gros renfort par rapport au futur model de série (plus de plis). Sans vouloir dévoiler mon poids de jeune fille, et pour des raisons d’appréciations de cet article, sachez que je pèse au moins deux gros sacs de ciment de 50kg et que je mesure 1.80 m.

  Et un beau jour de décembre, je reçois donc un beau paquet contenant l’objet. Je suis tout d’abord pris aux tripes par la finition de l’engin que l’on veut bien appeler « proto ». Je m’attendais à une planche « brute de décoffrage », mais la finition est déjà au-dessus de la moyenne de ce que l’on peut trouver de série chez la plupart des grandes marques. Sans déco, le bambou apparaît brut sous un vernis impeccable et brillant ce qui donne un superbe cachet à la planche. 

Caractéristiques techniques:

  • 90cm de long, 23 au plus large
  • nose, tail,
  • entraxe de 56 cm
  • cambre + concave
  • sandwich érable/bamboo

 La Utah à la sortie du carton


  En revanche, je suis assez décontenancé... Je n'ai jamais ridé ce type de board, ayant une pratique plutôt axée Descente ou bowl, je me demande ce que je vais mettre comme setup et comment je vais l'utiliser. Qu'à cela ne tienne, je vais essayer de vous raconter mes diverses expériences en Utah!

Setup :
Plus par manque de temps que par flémardirse d'aller acheter du matos, j'ai monté la Utah avec ce que j'avais sous la main. Un setup de la vieille école que les anciens apprécieront :

  • Randall 150mm
  • Krypto Road bleu 70 mm
  • Bushing : Inconnus mais très mous (étaient avant sur une board de slalom)




Prologue: Night of Cruising dans Lyon

  Pour notre première sortie, on va pousser. Quoi de mieux pour prendre une board en main et se faire une idée. Je pousse habituellement en POLITIC foamcore, et cela va vite changer de sensation.
La planche est plutôt de bonne proportion et se faufile assez bien car elle a un gabarit sous les pieds qui est assez petit. Je trouve assez vite mes repères dessus car le cambre offre une position de pieds tout à fait naturelle et logique. Le cambre crée deux "places à semelles" qui permettent de forts appuis, notamment pour pomper sévère, ce qui s'avère assez agréable avec mes bushings de slalom.

  Après ces 11 kilomètres ensemble, j'en ai quand même plein les pattes, le modèle custom spécial Pommy se révèle assez lourd à pousser, de par ses plis supplémentaires pour renforcer la planche.
  Cependant, il faut aussi savoir que le Randall 150 est un truck assez haut et que je n'ai pas trouvé qu'il était adapté à la pratique du pushing.  Ce n'est pas grave, la planche me plait, le tail et le nose augmente le potentiel d'amusement, on peut faire du tic-tac, lever pour les trottoirs, et se tenter quelques pas de dancing malgré mon niveau plus que médiocre. Fin de l'act 1.



Episode 2: Shooting photo et glissades au Mont Verdun

  Pendant l'hiver, j'ai rendez-vous avec Guillaume Ducreux, photographe de son état, pour réaliser quelques clichés pour le CDK. Je me dis que c est une bonne occasion de mettre la planche dans le pentu.

 Et là, j'hésite! Le but, c'est de descendre les deux premiers virages et de lancer des slides, avec donc une vitesse correcte. Les premières sensations en descente sont vraiment top. Le calage des pieds permet de contre-balancer le petit gabarit de la planche. Je prends vite mes marques, le shape met en confiance et permet d'avoir une bonne maîtrise avec un stance naturel. Je me surprends même à pousser fort pour arriver vite.

  Coté glissades, là, c'est vraiment efficace. La taille de la planche lui confère une belle réactivité en glissade, c'est joueur et précis à la fois. Je précise que je slide "à l'ancienne", au sol, back, front où two-hands down. Prise en main franche et directe en slide, pas de temps d'adaptation. 



Concernant les slides, j'ajoute que je ne pratique pas les glissades-puissantes (Powerslide) , mais avec ce matos, j'ai bien été obligé de m'y mettre. Après quelques essais à Parilly, je suis ravi de constater que je passe mes premiers powerslides, et que j'arrive à mettre la planche en 180. Je n'ai pas d'autre référentiel, mais je dois dire que la planche m'a mis en confiance quant à cette pratique et que je pourrais dire qu'elle a un "instinct naturel" à pratiquer la glissade puissante.


Hermann Nogueira en glissade puissante sur Utah




Episode 3: Le Bowl


A l'ancienne dans le Bowl


Habitué à la poolboard d'Overlord, je teste la Utah au bowl avec curiosité. Le parc de la Soie est un ditch assez accessible, quasiment sans coping, et la courbe est au rendez-vous. La Utah a le comportement que j'attendais quant à son shape et sa longueur.
Ride tout en courbe, prise d'appuis longs et coulants. Ça rappelle le surf, on grabe également facilement. Le nose et le tail permettent  beaucoup fantaisies, au programme, boneless, quelques tricks à l'ancienne à base de planche lancée à la main. La résistance est au rendez-vous, je n'ai pas ménagé le proto' voué à encaisser les réceptions, chocs, râpages  et compagnie, dans l'épreuve reine du trashage de board. 


Boneless

 Hermann Nogueira sur le seul coping du ditch


Elle ne me fera pas regretter ma bonne vieille pool board, mais un profil général se dessine pour la Utah : POLYVALENCE.


Epilogue: La descente

Retour au Mont Verdun pour l'ultime test descente. Fort de mon expérience lors de ma session slide, j'y vais gaiement! Après une rapide prise de vitesse, mon set up de brocante montre ses limites! Ça bouge fort, mais le point positif, c'est que malgré son faible empattement et son petit gabarit pour la descente, la Utah a tout d'une grande pour le carving, car elle me permet de finir les 2.6 km de descente sans encombre en décrivant de jolies courbes.

 Le shape et le concave permettent de prendre des appuis sereins, allant jusqu'à faire chasser les roues arrières. Vitesse contrôlée et carving en bonne et due forme.

  Je ne pense pas cependant qu'il fût une très bonne idée de me mettre la tête dans les genoux, ce n'est clairement pas une planche pour un programme DH pour les grands gabarits. Par contre, comme le disait très justement Hermann qui a aussi testé la planche, cela peut être une porte d'entrée haute gamme pour les ados ou les filles sur du DH. 
J'imagine aisément que les shredders y trouveront forcement leur compte de par la conception et l'esprit de la planche.

Voilà les amis, avant de se quitter, sachez apprécier cette review avec l'ensemble des paramètres que je vous ai énoncé (gabarit du rider, poids de la planche ++ dû au renforcement du proto, setup pas toujours optimisé...).
Quoi qu'il en soit, j'ai bien fait le tour de cette planche, il en ressort un très beau produit, (moulé à la louche en France svp !), très polyvalent pour les touche-à-tout et les sessions de tous les jours. Je pense aussi que cela doit être un très bel atout dans les petites compèt' sur des petits spot entre potes, pour les parcs, mini routes etc ...


Merci OVERLORD de m'avoir fait tester cet ovni! 


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